Marc Guillemot |
"Depuis 2001, ma base technique est implantée sur la commune de St Philibert le long du chenal qui mène au port de La Trinité Sur Mer. Nous avons réalisé un local conçu spécialement pour accueillir un multicoque ou un monocoque à proximité de l’eau. Aujourd’hui, toute mon équipe y est installée ; elle s’occupe de la maintenance de Safran, de son évolution et de la logistique. Nous sommes six personnes en période normale, un renfort d’une à deux personnes étoffe le groupe en période d’intense activité avant les grandes épreuves.
La baie de Quiberon, sa presqu’île, le port de La Trinité/Mer, le chenal qui mène à la rivière de Crac’h le long de Saint-Philibert, le Golfe du Morbihan, les îles d’en face, Belle île, Houat, Hoédic forment un ensemble idéal pour régater, naviguer et s’échapper. C’est aussi un lieu de travail particulièrement dense pour les pêcheurs et les ostréiculteurs.
L’endroit se prête parfaitement également à des occupations moins actives, on peut y flâner, y rêver au gré des marées, des vents et des saisons à terre comme en mer.
Jamais, je n’ai envisagé de me poser loin de la mer. Dans les années 80, on s’entraînait souvent sur les gros multicoques basés essentiellement dans le port Trinitain, mes passages étaient devenus si fréquents que même en arrivant du pays Bigouden dans le Finistère, j’y ai obtenu un visa de séjour sans trop de difficulté.
Les maisons des équipages étaient louées et sous-louées ; elles sentaient le sel, l’aventure, les récits des courses autour du monde. C’était vraiment des lieux de passage pour marins en transit. Il y avait toujours une assiette de pâtes pour ceux qui débarquaient tard le soir d’une aventure océanique. Le squat faisait partie des habitudes de notre petit milieu de la course en plein développement et encore si marginal.
J’aime profondément la Bretagne, ses cotes et ses cailloux, ses îles et ses baies, ses courants et ses pièges, ses rivières et ses terres, ses lumières et ses couleurs. Un cycle de vie ne suffirait pas pour en connaître tous ses secrets. Cet amour bien ancré que j’ai pour cette région est indéfectible. Tous les marins que j’ai croisés sont plutôt chauvins lorsqu’il s’agit de défendre et de décrire leur région, les Bretons le sont peut être plus que d’autres. Ce n’est pas grave, ils demeurent les meilleurs ambassadeurs de leur pays."


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